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jeudi, 03 avril 2008

Agression caractérisée !

Et pour une fois salutaire…

A la dernière Journée Nationale des Etudes organisée par l’Adetem, Morald Chibout, directeur marketing d’EDF, qui vient de publier « Le marketing expliqué à ma mère » (que personnellement j’utilise avec ma fille…), a agressé sauvagement l’ensemble des patrons de boites d’études présents dans l’assistance :
« Nous avons évolué. Notre métier change. Nos fonctions sont aujourd’hui nommées "Business Intelligence", "Consumer and Shopper Insight Manager", et vous êtes toujours des sociétés d’études. Avec ses directeurs études et ses chargés d’études ».
Il nous a gentiment chambrés, mais sans doute à juste titre. Notre métier a en effet clairement évolué pour passer d’un rôle à la fois plus stratégique et plus opérationnel au sein des directions marketing.

Dans certaines sociétés très avancées sur un plan marketing, comme Coca Cola par exemple, les comités de direction intègrent ces nouveaux patrons des études, quel que soit leur nom.

Merci Morald pour cet insight !

f6b01f5fa03a33bd6c622df34d313da7.jpg Nous avons décidé, avant de revoir la terminologie pour nous auto-désigner, de vous demander ce que nous sommes pour vous. Comment nous appelez-vous ? Vous pouvez proposer des solutions sur ce blog...

Merci d’avance !

Commentaires

Il y a quelque chose de pathétique dans cette propension qu'ont certains de nos contemporains à se prendre pour le Dieu de la Bible, à savoir: je nomme une chose, donc cette chose est, et a été de toute éternité.
Chez EDF, apparemment, on s'auto-désigne volontiers comme des "Business Intelligence Directors" ou des "Customer Insights Managers" lorsqu'on s'occupe d'analyse du marché et des clients... Tel est le cas, effectivement, de nos jours, chez 99,9% des entreprises pratiquant le marketing... La belle affaire! Sachant que ces nouveaux titres désignent des gens qui dans 90% des cas sont les mêmes... avec des descriptions de poste identiques, à qui fera-t-on croire qu'il s'agit d'un changement de paradigme, et donc, in fine, de réalité?
Et quand bien même il s'agirait d'un changement: les "insights" ne poussent pas sur les arbres, si?
Vient un moment où il convient d'identifier et de valider ces "intuitions". Et dans la plupart des cas, pour ce faire il s'agira de sélectionner des clients selon certains critères, de les interroger en suivant un protocole particulier, d'entendre et d'interpréter ce qu'ils racontent. Je suis peut-être un vieux con, mais moi j'appelle çà une étude. Et la personne qui anime et dirige ce genre de projet un "Directeur d'étude".
M. Morald Chibout, Directeur Marketing (et pourquoi pas "Chief Customer Insights Activation Officer", d'abord?) d'une entreprise qui, il y a moins de vingt ans ne savait pas ce que le mot "concurrent" pouvait bien désigner, semble attacher une grande importance aux mots.
Pour moi, les mots importent peu, si les choses qu'ils désignent sont conformes à ce qu'on attend d'elles. Une étude mal foutue, ou un utilisateur d'études incompétent, rien ne servira de les désigner respectivement sous les termes d'"Insight Quest" ou "Insight Manager".
Il existe des synonymes pour les mots "crotte" et "imbécile". Les réalités que ces mots désignent sont, elles, intangibles.

Ecrit par : Riwal Ferry | dimanche, 27 avril 2008

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